Un musulman peut-il exceller (4) ?

Apprendre, encore et encore

 

Une fois qu’on s’est connu et qu’on s’est fixé un objectif précis et en continuité avec sa situation actuelle, il est temps de « faire sa valise », de se préparer, de mettre toutes les chances de son côté pour pouvoir conquérir l’excellence. Cet article et le suivant vont de pair: Leur objectif est de montrer l’importance du développement personnel et de l’ouverture à toute opportunité d’apprentissage afin d’augmenter ses chances de réussite.

 

Il y a deux types d’homme en chacun de nous: le renard et le sanglier. Le sanglier, lorsqu’il sent quelque chose, creuse, s’enfonce va au fond des choses. Le renard, lui, furète au gré de ses rencontres et fait des associations entre les différents lieux par lesquels il passe. De même, notre vie quotidienne doit répondre à deux impératifs: utiliser, en fonction des situations, les connaissances conscientes ou inconscientes dont on dispose, par le biais d’un réseau associatif, et les organiser en vue de réaliser des buts. Cette distinction dans les compétences correspond à l’opposition classique entre le « savoir que » et le « savoir comment ». Un ami m’a raconté que sa grand-mère, fine cuisinière, avait en vieillissant conservé ses capacités à réussir des recettes délicieuses, mais elle ne pouvait plus expliquer  ce qu’elle faisait. On retrouve la différence entre savoir et savoir faire. Elle correspond à l’opposition familière en informatique entre base de données et programme. Certes, il est intelligent de nourrir le renard en nous mais réussir en ne faisant appel qu’à des connaissances théoriques, c’est peu probable. Vous n’avez qu’à comparer les recettes de la grand-mère à celles d’un chef cuisinier qui a fait tout le théorique des meilleures cuisines mondiales. Si nous avons tendance en général lorsqu’il s’agit d’apprendre,  à nous faire les partisans des abstractions, ce sont les actions, suivant une procédure logique et ordonné, qui nous permettrons d’obtenir des résultats concrets, et donc d’aboutir à la réalisation de nos objectifs. D’où l’importance d’un apprentissage qui englobe le « savoir que » ainsi que le « savoir comment ».

 

Les différenciations entre le savoir et le savoir faire dans l’apprentissage sont rares (à ma connaissance) dans les sources de référence de la religion musulmane par rapport à l’encouragement à l’apprentissage en général dont je cite un hadith clair et ne nécessitant aucune explication. « Celui qui prend une voie dans laquelle il cherche à acquérir une science, Allah lui facilite grâce à elle une voie pour le paradis » {Rapporté par Mouslim}.

 

Pourtant, la façon dont l’Imam Echafï avait développé ses connaissances peut nous faire comprendre que l’Islam a quand même prêté une attention convenable à l’apprentissage de la pratique et la méthode. En effet, L’Imam Echafï célèbre fondateur d’un des 4 courants islamiques, le courant qui a pris son nom, -on voit déjà là le rôle de l’apprentissage de la méthode, vu qu’un courant se démarque par définition des autres par ses méthodes de législation- Echafï était allé, pendant sa jeunesse alors que son intelligence commençait à se faire remarquer, vivre auprès d’un tribu arabe pour apprendre la poésie, le tir à l’arc et l’équitation. Et c’était par la pratique et l’exercice qu’il a excellé dans ces savoir-faire.

 

Ghazi MAJDOUB
IPEST 2008 – 2010
Supaero 2013
Vice-président de ADAI Toulouse

 

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