Un musulman, peut-il exceller ?

 

De nombreux savants et prédicateurs ne cessent de nous faire l’éloge du fameux âge d’or de la civilisation musulmane. Ils prétendent que c’est grâce à l’Islam seul que les premiers musulmans sont parvenus à vivre ce moment de grâce qu’est la concrétisation de la potentielle réussite. Un moment où on est formidable! Un instant d’infaillibilité pure, où tout est possible, où l’on souhaite se surpasser!

Certes, au cours de notre existence, chacun de nous connaît de tels moments. Chrétiens, musulmans, juifs ou même athées tout le monde dispose d’un potentiel pour réussir… Ce qui exécute d’emblée la prétention que l’Islam est le seul moyen permettant de faire naître le déclic de l’excellence. Mais ce qui est sûr c’est que les réalités sociales, économiques, comportementales et psychologiques changent avec les générations; « Le monde change » dit-on vaguement sans vraiment se rendre compte dans la plupart des cas de la profondeur de cette vérité générale. Ainsi, une rapide analyse de la condition de vie, du niveau de la production culturelle et scientifique et même de la réputation des musulmans de nos jours peut nous amener à penser que ce qui avait très bien marché avant a cessé d’être le bon moyen pour atteindre le succès. Autrement dit, c’est le fameux dangereux « pourquoi faut-il procéder ainsi? Parce qu’on a toujours fait ainsi et ça marche! » que refusent de comprendre les musulmans d’aujourd’hui. L’Islam semble à priori -même s’il a toujours été considéré par la majorité des musulmans plus qu’une religion: une pensée et philosophie complète qui est sensée donner des lois comportementales qui organisent tout ce qui entre en interaction avec l’Homme dans tout le temps qui reste à l’humanité avant Le dernier jour- l’islam semble ne pas avoir dans son essence les clés de l’excellence. C’est justement ce qu’on se propose de vérifier dans cette série d’articles, dont vous lisez le premier, mais avant de pouvoir commencer il est indispensable bien évidemment de se poser cette question: Quels sont les clés de la réussite?

Cette question a fait couler beaucoup d’encre. Philosophes, psychologue, coachs et comportementalistes ont beaucoup écrit sur ce sujet. Mais, à travers tout ce qui a été écrit (je ne prétends pas là avoir tout lu. D’ailleurs c’est impossible! Mais il devient prévisible à partir d’un certain moment qu’il y a des points sur lesquels tout les penseurs se mettent d’accord) on peut conclure que la réussite est le résultat du mélange ordonné de six ingrédients majeurs.

Savoir se connaitre et s’apprécier : Tout le monde dispose des outils nécessaires pour réussir, mais beaucoup de gens l’ignorent… Winston Churchill ou Albert Einstein étaient loin d’être des élèves modèles. Pour un génie en herbe comme Mozart, combien de musiciens ont dû trimer avant d’atteindre la gloire? Et J.K.Rowling n’avait rien publié avant Harry Potter, qui a connu la fortune que l’on sait…

Savez-vous vraiment où vous voulez aller? : Savoir dans quelle direction se diriger est fondamental. Privés de feuille de route et de boussole, trop de gens ont de très faibles chances d’arriver aux « oasis » de la réussite.

Apprendre, encore et encore : Certes, on a tout les outils nécessaires à la réussite mais pas lorsqu’on les utilise seulement dans leur état brut. En août 2007, dans interview au Sunday Times, Andrew Moss, qui venait d’être nommé directeur général d’Aviva, le plus grand assureur britannique, déclarait:  » Je suis quelqu’un d’extrêmement curieux. J’aime l’idée d’apprendre quelque chose de nouveau chaque jour, en arrivant au bureau. C’est cela qui me fait courir, tout comme le fait de travailler avec des équipes composées de gens formidables « .

Savoir plaire et maitriser l’art de l’écoute : C’est une règle simple et brutale: dans la vie, les gens qui plaisent s’en sortent mieux que les autres. Attention! Cela ne veut pas dire qu’il faut faire des injections de Botox ni une opération de chirurgie esthétique. Tout est question de posséder ou ne pas posséder cette alchimie magique qui donne envie de passer plus de temps en sa compagnie… Le rêve d’être un solitaire brillant et excentrique peut être attirant. Mais l’art de la réussite contrairement à ce qu’il peut laisser penser, n’est pas l’art de l’égoïste, de l’étoile qui brille tellement fort qu’elle transforme les autres en naines blanches. Réussir, si ce n’est dans un sens aider quelqu’un d’autre à gagner, passe au moins par l’écoute. C’est l’écoute qui fournit les informations les plus importantes. Dans l’Alchimiste de Paulo Coelho, le berger, le héro du roman, n’aurait jamais réussi à accomplir sa légende personnelle sans l’écoute. Il était le brillant solitaire (qui écoute quand même la nature, ses moutons…) mais c’était insuffisant. C’étaient les paroles du roi, du vendeur de cristaux et puis de l’Alchimiste, qu’il a rencontrés, qui ont changé sa vie.

Être réactif : Une règle évidente: Pour réussir il faut agir. Une autre règle, un peu moins évidente peut être, est « Quand on continue à faire ce qu’on a toujours fait, on continue à obtenir ce qu’on a toujours obtenu. » Le monde change, réagir c’est profiter de ses changements. Ce sont les plus réactifs qui arrivent en premier à leurs objectifs.

Savoir se relever : Les japonais sont les meilleurs au monde quand il s’agit de se relever. Deux bombes atomiques, tremblements de terre, tsunami… ils ne perdent pas leur temps à ruminer, ils ne s’arrêtent pas, ils recommencent. Il est un proverbe japonais qui dit « Si tu tombes 7 fois, relève-toi 8 fois » et qui représente bien cette esprit.

 

On n’a plus maintenant qu’à partir à la découverte des clés de la réussite dans les textes sacrés des musulmans, dans le sens et la symbolique de leurs pratiques et dans les paroles et les comportements de certains musulmans qui ont marqué l’histoire de l’Islam.

Ne ratez pas les prochains articles de cette série !

 

Ghazi Majdoub

IPEST 2008-2010

SUPAERO 2013

Vice-president ADAI Toulouse

 

 

2 réponses à “Un musulman, peut-il exceller ?”

  1. Tasnim Hamza dit :

    Excellent premier article Ghazy, j’ai hâte de lire la suite.
    J’ai un commentaire sur l’idée de changement des générations: « Le monde change »
    Peut-être ce changement de génération engendre un certain éloignement des jeunes de la pratique religieuse et de ses théories, ayant en tête l’idée de changement de temps, de circonstance, la recherche du nouveau et l’adaptation au présent…

    Ce que je pense qu’il faut dépasser de la religion, ce sont les anciennes compréhensions et interprétation, il faut chercher à comprendre l’Islam dans le cadre de notre présent et de nos circonstances car il n’est que théorie que nous appliquons, à laquelle nous donnons vie par nos actions. Il serait absolument incohérent d’appliquer l’Islam qu’on il y a 1400 ans.

    Le travail du musulman serait de comprendre les sources qui sont universelles et transcendantes au temps à la lumière de son temps et de ces circonstances. Le rejet ne doit pas viser la théorie mais la stagnation dans son interprétation.

    Il faut mener cet effort de recherche et de compréhension au lieu de rejeter le tout sous prétexte d’évolution des temps; faire ainsi n’est autre qu’une paresse intellectuelle

  2. Ghazi dit :

    Merci Tasnim pour ton encouragement et pour tes commentaires qui m’enrichissent! :)

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